Extrait d'un article "Un rendez-vous royal" paru dans tennis magazine
Tatiana avait un jeu suffisamment performant pour faire d'elle en se présentant pour son premier Wimbledon, à 16 ans. Une ascension entreprise dès les huitièmes à l'Open d'Australie et poursuivre par une demi-finale à l'Open Gaz de France à Paris et par les huitièmes encore à Miami. Elle venait encore d'atteindre la finale sur le gazon de Birmingham contre une ancienne "collègue" de la Bollettieri Academy, Maria Sharapova, et elle allait confirmer cette performance au All England Club en se qualifiant pour les huitièmes de finale. Tatiana Golovin avait donc tout pour "faire un tabac" à Wimbledon - et voilà qu'elle rajoutait avec le Prince William!, répondit-elle à une question toute british, après son succès du troisième tour, "Je n'ai pas de petit ami. J'attends le Prince William. Oui, j'aimerais beaucoup le rencontrer. Je vais voir s'il est dans les tribunes." L'humour et l'ironie étaient bien là, mais l'os à ronger concernant l'héritier en second du trône britannique n'était pas négligeable pour une presse vorace en cadeaux de ce genre.
Plus sérieusement, c'est bien un rendez-vous royal que fut conviée Golovin, le mardi 29 juin, sur le Centre Court, en compagnie de la "duchesse" Serena Williams! Le soleil était là, et dans le box royal à défaut du Prince William, la princesse de Kent et Sir Cliff Richard. De ce moment, Tati en avait fait, à la lecture de son tableau, son objectif prioritaire: jouer la n°1 mondiale, tenante du titre, dans le saint des saints. Objectif atteint après ses victoires successives sur Alina Jidkova, 76ème mondiale, Francesca Schiavone, n°18 (exécutée 6/1 6/0 !) et Emmanuelle Gagliardi, 118ème.
"Je ne sais pas comment je vais réussir à dormir", confiait Tatiana à la veille de son grand jour, elle qui avait pourtant été déjà couronnée sur un central d'un grand chelem, à Roland Garros en double mixte avec Richard Gasquet.
L'expérience n'a pas duré plus de 56 minutes. Le temps pour Serena de prendre sa jeune adversaire très sérieuse, de lui asséner 12 aces, dont un à une vitesse (202,6km/h) qu'on avait jamais vue dans le tennis féminin à Wimbledon et de boucler le match 6/2 6/1. Une petite heure magique vécue du box des invités par la maman de Golovin, Luda et Georges Goven, le responsable du haut niveau féminin à la FFT.
"Je ne réalise pas encore très bien, dit plus tard Golovin. Tout a été trop vite. Mais ce match sur le central contre Serena restera comme mon meilleur souvenir de ce Wimbledon."